Samedi 9 juillet – 21h – 10€

Fado de Lisbonne – Maria Pereira

Photo Maria Pereira

Maria Pereira vit ce qu'elle chante. Son visage exprime tour à tour la joie ou la souffrance, ses mains se crispent puis s'envolent en de longs et lents mouvements lascifs.

C'est la culture de ces quartiers populaires qu'elle fait revivre mêlant harmonieusement en une puissante émotion amour et lamentation, tristesse et espérance.

En touchant notre affectivité, Maria Pereira crée l'émotion, les mots frappent notre imaginaire, ils font jaillir hors de nous des sentiments cachés, inavoués, inconscients.

Ce sont des chants tristes, angoissants auxquels succèdent de douces et tendres mélancolies qui pleurent la perte de l'être aimé avec le fol espoir de le retrouver.

Le Fado, c'est le chant de la fatalité, du destin.

Très vite, les spectateurs, conquis et comme hypnotisés, sont rentré dans l'histoire racontée en chanson et soudain cette histoire est devenue leur histoire. Le public a à peine le temps de s'apercevoir qu'il pleut dans ses yeux que déjà des frissons le parcourt.

Le Fado est fini, il applaudit comme pour se libérer d'une emprise magique mais aussi pour remercier l'artiste pour ces moments d'intense émotion, cet instant inoubliable de Fado.

Le frisson et l'exotisme de la chanson de Lisbonne à travers les guitares et les modulations de la voix.

Maria PEREIRA ou la musique de l’âme :

Elle chante l’espoir et le désespoir, fait vibrer corps et coeurs… Maria Pereira, chanteuse de Fado, emmène les spectateurs loin de leur quotidien … Dans les méandres de leur âme.

Maria PEREIRA s’inspire de la grande aînée : voix tourmentée, émouvante, aux inflexions si typiquement ibériques.

À la guitarra portugesa, Jacques PETEUL, praticien chevronné de l’instrument aux douze cordes de métal et à l’accordature spécifique, entoure la voix de fines arabesques cristallines.

Et la guitare (de type classique, celle-là) de Henri CHENUET apporte à l’ensemble soutien harmonieux et rythmé.

C’est le mode d’accompagnement de base, celui qu’Amalia RODRIGUES préférait à tout autre.

Dès les premières notes, le voyage commence… Le spectateur est déjà loin. Parti là-bas à l’ouest de la péninsule ibérique … Porté par la voix de Maria PEREIRA.

Vêtue de noir, elle arrive sur scène telle une apparition, dans une douce lumière orangée.

Elle se glisse entre les deux complices. Leurs regards se croisent. Ils ne forment plus qu’un. Maria chante du fado. Ce “Blues du Portugal” mélancolique et tristesse se mélangent dans des mélodies inoubliables, est à la fois un bonheur dont on souffre et un malheur dont on jouit, comme l’explique Maria.

Ses yeux se ferment, sa main se pose sur son coeur, sur son ventre... Elle vit les textes qu’elle chante et partage son trouble avec le public.

Dans la salle, les yeux brillent, les coeurs frissonnent. À chaque fois le miracle se répète.

Grâce à sa façon unique de communiquer ses émotions, la barrière des langues s’estompe, le public est envoûté et pas seulement les Portugais “de souche” venus l’écouter.

Maria fait glisser son étole sombre de ses épaules nues sur ses bras, le phrasé se fait plus sensuel, son corps ondule légèrement …

C'est l’histoire d’une belle gitane qui court après son rêve” …

Superbement entourée de Jacques Péteul à la guitare portugaise, François Garotte à la contrebasse et Henri Chenuet à la guitare classique, Maria Pereira a imposé son style, sa personnalité, parvenant même, au final, à faire chanter son auditoire lors d'une évocation de "Coimbra".

Qu'elle interprète ses propres chansons, celles d'Amalia Rodrigues, les grands classiques comme "Alfama", "Carmencita" ou encore "Barco negro" (la chanson du film "Les Amants du Tage"), Maria Pereira concerve un style très personnel. Jouant d'une voix que l'on croit sans cesse à la limite du "falsetto", la jeune femme a fait le choix de s'impliquer pleinement dans sa musique et les textes qu'elle "joue" sans retenue.

Plutôt que de tenter d'imiter l'inoubliable Amalia, Maria Pereira insufle à son auditoire les sentiments mêlés qui nourrissent sa musique.

Difficile, alors, de "faire le tri" entre joie et tristesse, rires et larmes, ce sont des moments privilégiés que les auditeurs ont vécus.

Maria Pereira