Quelques explications sur la performance de Hachiro KANNO à l'Hélice...

Pour mieux comprendre la performance de Hachiro KANNO à "l'Hélice terrestre" samedi 15 septembre au soir, il convient de garder à l'esprit ces lignes écrites par Hiroshi AOKI, Conservateur en Chef du Musée des Beaux-Arts, Préfecture de Tochigi - Japon :

" En mars 2004, Hachiro KANNO réalisa au musée des Beaux-Arts de la Préfecture de Tochigi une performance intitulée PERMANESCENCE. Le lieu en était une cour savamment circonscrite par des gradins de marbre tombant directement sur un bassin. Pour les besoins de la performance, une "île" de 2 mètres de diamètre avait été aménagée au centre du bassin dont l'eau arrivait sous le genou.

La performance débutait par une sorte d'atelier d'écriture. L'assistance était conviée à utiliser le papier et l'encre disposés sur une table au bord de l'eau pour y calligraphier ou peindre selon son gré quelque espoir, rêve ou pensée. Ensuite, Hachiro KANNO froissait délicatement chaque feuille écrite pour en faire une boule avant de les déposer l'une à côté de l'autre sur l'île, puis se plantant au beau milieu, avec un pinceau d'une légèreté magistrale, il se mettait à tracer "quelque chose" sur une large bande d'étoffe blanche hissée progressivement par une corde. D'être tracé en blanc sur blanc, ce "quelque chose" n'était guère déchiffrable. Une fois arrêté le hissage de l'étoffe sur l'île avec la fin de l'écriture, l'artiste rinçait son pinceau dans l'eau du  bassin, en aspergeant les boules de papier ; après quoi il quittait l'île.

Le feu alors prenait au papier touché par le liquide puis, au moment où la masse de papier couvrant l'île était quasiment consumée; il se propageait par le bas de l'étoffe de soie blanche suspendue au centre de l'île. Les flammes attisées par le vent, finnissaient par la brûler entièrement en plein ciel.

Ce que l'assistance avait consigné sur papier, ce que l'artiste avait tracé sur l'étoffe, tout cela, en l'espace d'un instant, se voyait réduit en cendres. En réalité, Hachiro KANNO avait écrit "La forme est le vide". Même si le texte en était illisible, tout le monde avait pu certainement en saisir la portée : l'éphémère, la fragilité des pensées, la vanité de nos espoirs, de nos rêves et que tout, jusqu'à nos préoccupations du jour, disparaît en un instant.

Oui, les rêves, les espérances s'en étaient retournés littéralement au "vide". Pourtant, la performance avait réussi à rafraîchir l'esprit, le libérant pour un instant des attachements ("forme") de la vie quotidienne. La "vacuité" que certains éprouvèrent dans leur corps et d'autres perçurent visuellement, loin d'être vide avait dû sans doute être accueillie plutôt comme une plénitude d'être.

Pour un profane (on n'est pas toujours un grand moine ou un philosophe), il est sans doute difficile de maintenir le vide en soi. Chaque "vide" est voué à être investi aussitôt par une nouvelle pensée. L'homme vit dans cet enchaînement perpétuel de "forme = vide" et "vide = forme". Pour mieux désigner la vérité, l'essence au coeur de la permanence d'un tel enchaînement, Hachiro KANNO a forgé le terme PERMANESCENCE. Et c'est ce même titre qu'il a donné aux oeuvres de l'installation lors de cette performance."

Allez voir les photos de la performance à l'Hélice sur ce blog ! (tous les albums sont situés dans la colonne de gauche)


Coordonnées de Hachiro KANNO :
Le bateau-Lavoir
13 Bis Place Emile Goudeau
75018 PARIS
Tél : 00
Fax : 00

kanno008@club-internet.fr
Site Web : http://www.hachirokanno.com